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Accueil arrow Le blog d'Eddy Fougier arrow Les altermondialistes dans les médias : les nouveaux « sans papier » ? (1)
Les altermondialistes dans les médias : les nouveaux « sans papier » ? (1) Convertir en PDF Version imprimable E-mail

Si initialement les altermondialistes ont été dans les petits papiers des médias français, ceux-ci tendent à leur consacrer de moins en moins de « papiers », c’est-à-dire d’articles. Cela montre à quel point l’effet d’agenda des médias est important. En outre, l’abondante couverture par les médias généralistes des affrontements de Londres en marge du G20 et surtout de Strasbourg en marge du sommet de l’OTAN tendent à confirmer l’idée que le « cadrage » des mouvements de contestation n’a pas vraiment changé depuis les manifestations de Seattle il y a pourtant dix ans de cela.

L’effet d’agenda des médias réside dans leur capacité à pouvoir sélectionner certaines informations au détriment d’autres et à les porter à la connaissance du public, donc à pouvoir mettre en pleine lumière certaines informations et à en laisser d’autres dans l’ombre. Il s’agit d’un pouvoir fondamental et la lutte pour cette mise à l’agenda des médias, c’est-à-dire pour que ceux-ci relatent un événement, est souvent terrible. C’est en particulier le rôle des services de communication et des relations presse que de tenter d’influencer cet « agenda ».

Les mouvements sociaux ou les mouvements altermondialistes s’efforcent eux aussi par des campagnes ou des mobilisations d’inscrire certains sujets à l’agenda médiatique. Cela paraît d’autant plus important que lorsque les médias, et tout particulièrement la télévision, ne parlent pas d’un événement, c’est un peu comme si celui-ci ne s’était pas produit aux yeux du grand public. La médiatisation lui donne une sorte de sacralisation publique. Or, cette médiatisation ne signifie pas nécessairement que l’événement en question est important, mais plutôt qu’il est pourrait-on dire « médiatisable » et notamment « télégénique » : il sort de l’ordinaire, il peut même être spectaculaire et des images sont disponibles.

Une autre caractéristique essentielle de ce caractère « médiatisable » réside dans le fait que le téléspectateur peut s’identifier au sort des protagonistes ou des victimes dudit événement. C’est toute la différence entre la faible médiatisation du dernier Forum social mondial (FSM), qui s’est déroulé à Belém au Brésil du 27 janvier au 1er février 2009, et la couverture importante accordée aux affrontements de Strasbourg au début du mois d’avril. A l’évidence, des images d’affrontements spectaculaires et en partie incompréhensibles en plein cœur d’une ville française vont bien davantage retenir l’attention du téléspectateur français moyen que des images de débats souvent techniques lors d’ateliers de travail dans le cadre d’un FSM en Amazonie ou même de manifestations de militants amérindiens dont le sort est loin de ses préoccupations quotidiennes. Les événements de Strasbourg seront en toute logique en haut de l’agenda médiatique, tandis que le FSM en Amazonie sera relégué en fin de journal ou en pages intérieures, voire en brève, même si celui-ci a tout de même attiré plus de 100 000 participants.


 

Commentaires  

 
0 #4 Alain 2009-06-18 11:37 je suis journaliste pour Arte et les militants refusent souvent d'intervenir dans les médias j'en ai encore fait l'expérience récemment je cherche à interviewer un(e) membre d'une des mutuelles de gratuité des transports - ils tiennent une caisse pour payer les amendes - ils veulent pas … Citer
 
 
0 #3 Bastian Sylvain 2009-05-14 20:37 Il est vrai que l'effet d'agenda et la difficulté pour un journaliste de trouver des interlocuteurs pertinents sont des explications légitimes. Mais ne pensez-vous pas que la main-mise de capitaines d'industrie (Lagardère, Bolloré, Dassault…), qui n'ont peut etre pas envie mettre en avant les idées et les revendications de ces mouvements car contraire à leur idéologie, ne serait pas aussi une explication de cette absence de lisibilité dans les médias? (désolé pour cette phrase très longue). Citer
 
 
0 #2 Eric 2009-05-11 20:30 (la suite, "commentaire trop long")
Que fallait-il faire en ex Yougoslavie, au Kosovo ? Laisser le massacre se poursuivre ou intervenir ? On attend encore la réponse des opposants au sommet de l'OTAN qui, pacifiques ou Black Block, n'avaient aucune opinion à ce propos.

C'est une raison majeure qui pourrait expliquer que les alters aient moins de papiers. Et en rapport avec leur apport à la vie de notre société, j'imagine qu'il leur est encore consacré trop d'articles!

Bref, les assos, les forums, c'est bien. Réfléchir et se désigner des représentant politiques à même de faire changer le monde dans le sens qu'on souhaite, c'est mieux. Mais c'est plus fatiguant car on doit :
1) s'informer
2) voter
3) s'informer encore et surveiller les politiques
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0 #1 Eric 2009-05-11 20:29 Cas typique de nombrilisme altermondialist e… Qu'est-ce qu'il a été décidé à Belém ou Malmö ? Rien. Ou plutôt vous et moi avons décidé de milliers de choses inopérantes: Yaka !

A Strasbourg, 28 chefs d'Etat, l'OTAN se désigne un nouveau secrétaire général, plus proche de l'Europe, confirme l'Afghanistan comme une priorité, tend une main (à moitié ouverte) à l'Iran… Toutes ces décisions, qu'on les considère bonnes ou mauvaises, vont avoir des conséquences réelles, contrairement aux débats conduits par les altermondialist es (remarque: quand tout le monde est d'accord, il n'y a pas "débat").
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